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Apprendre à apprendre pour accompagner les publics en difficulté d’apprentissage – 1/2

By 18 novembre 2020 novembre 24th, 2020 No Comments

Retour sur le webinar Apprendre à apprendre du 17/11/2020

À travers l’utilisation de la plateforme GERIP Compétences, élaborée par des experts en sciences cognitives.

Intervenant Philippe REVY, orthophoniste, formateur en neurosciences, fondateur de GERIP

Rôle des fonctions cognitives dans les apprentissages - Les circuits d’apprentissage dans le cerveau

Les circuits cognitifs pour apprendre sont de mieux en mieux connus. Travailler autour des circuits d’apprentissage, « la métacognition », permet aux formateurs et aux apprenants de progresser plus vite. Ils connaissent ainsi les clés des apprentissages comme par exemple apprendre des techniques de mémorisation, développer les capacités attentionnelles, travailler par carte heuristique, etc.

Neurosciences et apprentissage
Neurosciences et apprentissages

La compréhension des neurosciences peut apporter une aide importante aux formateurs et aux encadrants dans l’accompagnement des apprenants en difficulté d’apprentissage.

« Ce que les chercheurs ont mis des décennies à comprendre, comment imaginer que chaque formateur le redécouvre seul, par tâtonnement, sans tirer parti des études scientifiques existantes ? ». S.DEHAENE, psychologue cognitiviste et neuroscientifique

Pour s’y retrouver, quelques définitions :
La cognition est l’ensemble des processus mentaux qui se rapportent à la « connaissance ».
Les fonctions cognitives sont donc l’ensemble des processus mentaux qui concernent l’acquisition des connaissances.
Les neurosciences regroupent les sciences qui abordent le cerveau en tant qu’outil de traitement de l’information et des apprentissages.

L’apprentissage à tout âge

Le cerveau est malléable, on parle de plasticité cérébrale.

Pour chaque cellule du cerveau, appelée neurone, il y a une centaine de connexions. Le cerveau contient environ 100 milliards de neurones (répartis en deux hémisphères droit et gauche) et donc environ 10 000 milliards de connexions.

A chaque tâche d’apprentissage correspond des zones du cerveau (zones neuronales) et des circuits (connexions entre neurones) sollicités simultanément. Les fonctions cognitives s’appuient sur des zones cérébrales et des réseaux de neurones. Il y a des priorisations dans la façon d’apprendre selon chaque individu, qui va utiliser plus ou moins certains circuits par rapport à d’autres. Une même tâche cognitive active plusieurs zones de l’hémisphère droit et de l’hémisphère gauche. Des connexions peuvent être renforcées à tout âge par la stimulation cognitive, la répétition, l’imitation, les retours d’expérience, les émotions, l’éducation.

On peut donc apprendre à tout âge, on peut apprendre tous les jours grâce à cette plasticité cérébrale.

Apprendre à apprendre à tout âge
Apprendre-à-apprendre
Pourquoi insister sur l’apport des neurosciences ?

Apprendre, c’est sélectionner des informations, les traiter, les manipuler et les enregistrer en vue d’un objectif à atteindre ou de leur réutilisation future. Il y a des fonctions liées à des connaissances qui sont favorisées par des émotions et par la mise en place de situations pédagogiques adaptées.  Ainsi, l’action d’apprendre se situe au carrefour des fonctions cognitives, de la psychologie et de la pédagogie.

Il est possible de décrire la grande majorité des situations/circuits d’apprentissage en observant quelles sont les zones du cerveau stimulées, les informations traitées qui passent dans les circuits et ressortent.

La compréhension des mécanismes du traitement de l’information par le cerveau permet de mieux appréhender les différences et les spécificités des différents troubles des apprentissages.

Les fonctions cognitives s’appuient sur des zones cérébrales et des réseaux de neurones. Le cerveau possède une compétence innée, la plasticité cérébrale, qui lui permet de se modifier au gré des expériences et de l’éducation.

Quelle est la juste charge de travail en distanciel pour l’apprenant ?

L’évaluation des compétences de l’apprenant se distingue du parcours de formation suivi par l’apprenant.

Les évaluations sont normées pour mesurer la vitesse de réalisation de l’exercice et l’automatisation des tâches cognitives.
Par exemple, ce temps normé assure que le décodage en lecture est maîtrisé pour se concentrer sur la compréhension de la lecture. Les évaluations sont donc à la fois quantitatives mais surtout qualitatives. Elle permettent de valoriser les acquis de chaque apprenant et de construire des parcours de formation en s’appuyant au départ sur ses points forts. En revanche, le temps indiqué pour les parcours de  remédiation est simplement un indicateur. Ce temps est variable en fonction de chaque apprenant.

La juste charge de travail en distanciel pour l’apprenant peut être 30 minutes d’activité chaque matin et 30 minutes d’activité chaque après-midi effectuées sur une plateforme numérique. Les temps de formation conseillés dépendent également du temps dont le formateur dispose pour la formation.

Il est plus profitable d’avoir des séquences très courtes et répétées que des séquences longues et éloignées dans le temps même si, au fil de la formation, le formateur peut espacer un peu plus les séquences dans le temps (fonction de rappel).

Quels sont les incontournables pour la réussite du blended-learning ?

Un des intournables de la réussite du blended-learning est de s’assurer que les fonctions cognitives sollicitées à travers les activités d’une plateforme numérique correspondent aux fonctions cognitives sollicitées à travers les activités effectuées en formation présentielle ou en situation de travail (AFEST).

Par exemple, si vous jouez au foot en ligne ou sur un terrain de foot les fonctions cognitives sollicitées seront bien différentes ! Le transfert de l’un à l’autre mode est difficile. En revanche, les compétences développées lors de parties d’échecs jouées en ligne peuvent être transférées lors d’une rencontre physique avec un adversaire car pratiquement les mêmes fonctions cognitives sont sollicitées. Ainsi, la compétence est acquise, généralisée et le  transfert des compétences est plus facile lorsque les fonctions cognitives sollicitées sont identiques.

La plateforme GERIP Compétences s’appuie sur les neurosciences en taguant les exercices du catalogue selon les fonctions cognitives sollicitées pour proposer des parcours sur-mesure à chaque apprenant.

En résumé pour apprendre : Evaluer les acquis initiaux, apprendre en ciblant les fonctions cognitives qui seront sollicitées dans les savoirs de base, répéter, répéter, répéter, évaluer de nouveau et faire des retours d’expérience bienveillants en valorisant les acquis de l’apprenant et en reliant les apprentissages à des émotions de préférence positives.

Beau programme non ?

On répond à vos questions

Vous étiez nombreux à nous poser des questions, lors du webinaire « Apprendre à apprendre pour accompagner les publics en difficulté d’apprentissage ». Vous trouverez ici une synthèse de nos réponses !

Et la suite ?

Un autre Webinaire sur le même sujet aura lieu mardi 8 décembre de 16h00 à 16h45. Inscrivez-vous dès maintenant !